Amazing Dre
Il aura quasiment fallu m’extraire du coma pour me rappeler l’affiche proposée par en v’là, alors que je m’étais promis de ne pas la manquer. Mission presque accomplie, puisque la première partie a (encore) fait les frais de mon absence, ce qui me désole probablement plus qu’eux.
Ce sont de toute façon les belges d’Adolina qui motivaient le plus ma venue, suite à l’oreille distraite puis aguichée que j’avais posée sur leur bandcamp. Je dois dire que je n’ai pas été déçu. En plus d’un bon vieux noise des familles, ces quatre là réussissent à tisser des mélodies subtiles et accrocheuses en filigrane des compositions. Un rouleau compresseur avec de la dentelle autour si vous préférez. J’admets que ça produit son petit effet, et si l’ampli du bassiste avait accepté d’obtempérer de manière moins intermittente, on aurait sans doute atteint un niveau de performance que je calerais à la cime des Ardennes.
Ensuite, Silent Front, qui joue désormais presque à domicile lorsqu’ils se rendent à Paris, nous a proposé une nouvelle prestation, avec pas mal d’entrain. Je dois dire que ce qui m’agaçait le plus chez ces derniers, à savoir quelques longueurs et un chant dégoulinant, s’est énormément estompé avec le temps et lorsque le tempo ralentit désormais, c’est pour offrir de vraies belles respirations, bienvenues dans un set autrement plutôt incisif. Un bon moment de noise au cordeau donc, et la satisfaction de ne pas avoir perdu ma soirée.

Il aura quasiment fallu m’extraire du coma pour me rappeler l’affiche proposée par en v’là, alors que je m’étais promis de ne pas la manquer. Mission presque accomplie, puisque la première partie a (encore) fait les frais de mon absence, ce qui me désole probablement plus qu’eux.

Ce sont de toute façon les belges d’Adolina qui motivaient le plus ma venue, suite à l’oreille distraite puis aguichée que j’avais posée sur leur bandcamp. Je dois dire que je n’ai pas été déçu. En plus d’un bon vieux noise des familles, ces quatre là réussissent à tisser des mélodies subtiles et accrocheuses en filigrane des compositions. Un rouleau compresseur avec de la dentelle autour si vous préférez. J’admets que ça produit son petit effet, et si l’ampli du bassiste avait accepté d’obtempérer de manière moins intermittente, on aurait sans doute atteint un niveau de performance que je calerais à la cime des Ardennes.

Ensuite, Silent Front, qui joue désormais presque à domicile lorsqu’ils se rendent à Paris, nous a proposé une nouvelle prestation, avec pas mal d’entrain. Je dois dire que ce qui m’agaçait le plus chez ces derniers, à savoir quelques longueurs et un chant dégoulinant, s’est énormément estompé avec le temps et lorsque le tempo ralentit désormais, c’est pour offrir de vraies belles respirations, bienvenues dans un set autrement plutôt incisif. Un bon moment de noise au cordeau donc, et la satisfaction de ne pas avoir perdu ma soirée.

Parfois je m’évertue à dégoter le concert prometteur qui pourra occuper voire sauver ma semaine ou ma soirée, et parfois, alors que je compte seulement retrouver mon club de retraités autour d’une tisane, c’est le concert qui nous tombe dessus.
Et ce coup-ci, on a eu du bol. Alors que la Féline est traditionnellement très orientée garage, c’est un groupe psyché qui a pris place dans le fond du bar et commencé sa performance avec un son excellent, d’ailleurs en contraste total avec la sono hélas plutôt criarde du coin. Little Brain Attack est un quintet avec deux guitares/chants, une basse et une batterie qui assurent le groove et l’ondulation corporelle du public et un clavier sosie de Gérard Blanc. Niveau influences, on se retrouve bien coincés entre The Brian Jonestown Massacre, The Black Angels, The Black tout ce que tu veux, et pourquoi pas Aqua Nebula Oscillator avec qui, ô surprise, ils ont déjà partagé au moins une date. En gros, c’est brumeux, planant, mais surtout bien foutu et extrêmement bien exécuté: le genre d’inattendu que j’aimerais vivre plus souvent.

Parfois je m’évertue à dégoter le concert prometteur qui pourra occuper voire sauver ma semaine ou ma soirée, et parfois, alors que je compte seulement retrouver mon club de retraités autour d’une tisane, c’est le concert qui nous tombe dessus.

Et ce coup-ci, on a eu du bol. Alors que la Féline est traditionnellement très orientée garage, c’est un groupe psyché qui a pris place dans le fond du bar et commencé sa performance avec un son excellent, d’ailleurs en contraste total avec la sono hélas plutôt criarde du coin. Little Brain Attack est un quintet avec deux guitares/chants, une basse et une batterie qui assurent le groove et l’ondulation corporelle du public et un clavier sosie de Gérard Blanc. Niveau influences, on se retrouve bien coincés entre The Brian Jonestown Massacre, The Black Angels, The Black tout ce que tu veux, et pourquoi pas Aqua Nebula Oscillator avec qui, ô surprise, ils ont déjà partagé au moins une date. En gros, c’est brumeux, planant, mais surtout bien foutu et extrêmement bien exécuté: le genre d’inattendu que j’aimerais vivre plus souvent.

Le Buzz a témoigné hier soir du retour gagnant des drones de soirées organisées par les protéiformes Ocinatas Industries. Comprenez par là qu’en sus de ses indéniables compétences en marketing et en détournement de fonds, Nico (l’autre, le sataniste) est également passé maître dans l’art de la confection de quiches végétariennes.
J’ai soigneusement manqué le début de chaque set, mais j’ai réussi à voir la majeure partie de chacune des performances, y compris celle de Philippe Beer Gabel qui s’est chargé de l’ouverture, et pratique adroitement l’instrument national finlandais dont j’ai oublié le petit nom. Il s’agit d’une sorte de petite harpe montée sur une caisse de résonnance, à la sonorité vaguement médiévale. Il y avait aussi un bol tibétain en guise de percussion. Je m’attarde sur l’équipement parce que je ne me sens pas trop de parler du concert en lui-même. Les parties instrumentales, quoiqu’un peu trop guillerettes par moment, m’emmenaient à peu près où il fallait, mais aussi bien les textes que les mélodies vocales, trop « chanson française » quand bien même elles étaient en anglais, me faisaient décrocher quasi-instantanément.
La transition avec Saison de Rouille ne semblait pas évidente tant on change de décor. Le trio est composé d’un guitariste qui apparemment gère aussi la machine rythmique sur ordi, de l’ancien bassiste de La Partie du Cerveau dans une transe similaire à celle qui l’habitait à l’époque, et d’un chant des cavernes rocailleuses. Le côté synthétique de la rythmique n’est finalement pas si dérangeant que ça, voire en ajoute à l’aspect extrêmement sourd, probablement voulu, des autres instruments. Et au final, c’est glauque. Ça pègue. C’est noir et ça appelle à l’overdose sur une aire d’autoroute de Picardie. C’est d’ailleurs sans doute le chemin que prennent ceux qui désertent le concert en cours de route. Et pour nous autres, si on reste, c’est qu’on aime ça quelque part.
Enfin, Timber Rattle s’occupe de clore les festivités à grand renfort de chant monacal. On peut donc ranger les cotillons et les langues de belle-mère qu’on aurait de toute façon égarés dans l’épais brouillard artificiel. Le trio comprend un clavier/orgue, un guitariste et un batteur au tome unique qui donnent par ailleurs tous de la voix grave et suave pour un americana décliné sous sa forme la plus lente, monocorde et mélancolique. Ceux qu’on n’a pas envoyé se finir en Picardie peuvent essayer d’aller s’éteindre dans le Wisconsin. Mais malgré tout c’est joli, voire émouvant, et un set d’une dimension plus modérée que les précédents permet d’en réchapper sans encombre.

Le Buzz a témoigné hier soir du retour gagnant des drones de soirées organisées par les protéiformes Ocinatas Industries. Comprenez par là qu’en sus de ses indéniables compétences en marketing et en détournement de fonds, Nico (l’autre, le sataniste) est également passé maître dans l’art de la confection de quiches végétariennes.

J’ai soigneusement manqué le début de chaque set, mais j’ai réussi à voir la majeure partie de chacune des performances, y compris celle de Philippe Beer Gabel qui s’est chargé de l’ouverture, et pratique adroitement l’instrument national finlandais dont j’ai oublié le petit nom. Il s’agit d’une sorte de petite harpe montée sur une caisse de résonnance, à la sonorité vaguement médiévale. Il y avait aussi un bol tibétain en guise de percussion. Je m’attarde sur l’équipement parce que je ne me sens pas trop de parler du concert en lui-même. Les parties instrumentales, quoiqu’un peu trop guillerettes par moment, m’emmenaient à peu près où il fallait, mais aussi bien les textes que les mélodies vocales, trop « chanson française » quand bien même elles étaient en anglais, me faisaient décrocher quasi-instantanément.

La transition avec Saison de Rouille ne semblait pas évidente tant on change de décor. Le trio est composé d’un guitariste qui apparemment gère aussi la machine rythmique sur ordi, de l’ancien bassiste de La Partie du Cerveau dans une transe similaire à celle qui l’habitait à l’époque, et d’un chant des cavernes rocailleuses. Le côté synthétique de la rythmique n’est finalement pas si dérangeant que ça, voire en ajoute à l’aspect extrêmement sourd, probablement voulu, des autres instruments. Et au final, c’est glauque. Ça pègue. C’est noir et ça appelle à l’overdose sur une aire d’autoroute de Picardie. C’est d’ailleurs sans doute le chemin que prennent ceux qui désertent le concert en cours de route. Et pour nous autres, si on reste, c’est qu’on aime ça quelque part.

Enfin, Timber Rattle s’occupe de clore les festivités à grand renfort de chant monacal. On peut donc ranger les cotillons et les langues de belle-mère qu’on aurait de toute façon égarés dans l’épais brouillard artificiel. Le trio comprend un clavier/orgue, un guitariste et un batteur au tome unique qui donnent par ailleurs tous de la voix grave et suave pour un americana décliné sous sa forme la plus lente, monocorde et mélancolique. Ceux qu’on n’a pas envoyé se finir en Picardie peuvent essayer d’aller s’éteindre dans le Wisconsin. Mais malgré tout c’est joli, voire émouvant, et un set d’une dimension plus modérée que les précédents permet d’en réchapper sans encombre.

Voilà un bon bout de temps que je n’avais pas mis les pieds au New Morning, une salle plutôt agréable au demeurant, et à l’évidence une belle opportunité pour les deux groupes de la soirée.
Et cela, à commencer par One Lick Less qui en fait de première partie aura plutôt été l’autre tête d’affiche de la soirée au vu de la longueur de chacun des sets. Il me semble déjà avoir fait l’apologie, comme tant d’autres, de ce duo atypique de par son instrumentation comme de par ses compositions. Qu’à cela ne tienne, remettons-en une couche. Le groupe aura égrené la plupart, si ce n’est tous les morceaux du brillant Spirit Of Marine Terrace au cours du concert, et proposé quelques titres supplémentaires du même niveau. Il est toujours aussi impressionnant d’assister à la démonstration de la pieuvre qui officie derrière les quelques fûts réduits à leur strict minimum utile, en contraste total avec son compère quasiment liquide de timidité. Je me trompe peut-être sur le caractère de ce dernier, mais sa fragilité si ce n’est sa fébrilité se ressentait d’autant plus sur cette scène relativement large. Et alors ? Et alors, rien. Ça ne dessert clairement pas le propos d’un blues mélodieux et mélancolique, touchant de sincérité.
C’est tout de même la sortie du nouvel et premier album de OK qui justifiait l’événement. En dehors d’un nom qui ne doit pas faciliter le référencement sur le web, OK est une formation rock somme toute assez classique comprenant un guitariste-chanteur, un autre guitariste, et le traditionnel couple basse-batterie. Et ça ne commençait pas si mal avec un son globalement clair tendant vers l’americana/folk/blues, pourquoi pas à la Wovenhand, porté par une voix dont le timbre oscille entre celui de Bob Corn et celui de Jack White selon le degré de véhémence, avec tout de même un léger accent et surtout un phrasé du cru, faudrait pas trop en demander tout de même. Mais tout ça s’essouffle hélas assez rapidement. Les compositions s’uniformisent de plus en plus autour d’un classic rock relativement tiède et les compositions elles-mêmes souffrent de la répétitivité de nombreux plans. Bilan : j’ai craqué avant la fin, alors que quelques coups de sécateurs et un peu de dynamite auraient peut-être pu me retenir jusqu’au bout.

Voilà un bon bout de temps que je n’avais pas mis les pieds au New Morning, une salle plutôt agréable au demeurant, et à l’évidence une belle opportunité pour les deux groupes de la soirée.

Et cela, à commencer par One Lick Less qui en fait de première partie aura plutôt été l’autre tête d’affiche de la soirée au vu de la longueur de chacun des sets. Il me semble déjà avoir fait l’apologie, comme tant d’autres, de ce duo atypique de par son instrumentation comme de par ses compositions. Qu’à cela ne tienne, remettons-en une couche. Le groupe aura égrené la plupart, si ce n’est tous les morceaux du brillant Spirit Of Marine Terrace au cours du concert, et proposé quelques titres supplémentaires du même niveau. Il est toujours aussi impressionnant d’assister à la démonstration de la pieuvre qui officie derrière les quelques fûts réduits à leur strict minimum utile, en contraste total avec son compère quasiment liquide de timidité. Je me trompe peut-être sur le caractère de ce dernier, mais sa fragilité si ce n’est sa fébrilité se ressentait d’autant plus sur cette scène relativement large. Et alors ? Et alors, rien. Ça ne dessert clairement pas le propos d’un blues mélodieux et mélancolique, touchant de sincérité.

C’est tout de même la sortie du nouvel et premier album de OK qui justifiait l’événement. En dehors d’un nom qui ne doit pas faciliter le référencement sur le web, OK est une formation rock somme toute assez classique comprenant un guitariste-chanteur, un autre guitariste, et le traditionnel couple basse-batterie. Et ça ne commençait pas si mal avec un son globalement clair tendant vers l’americana/folk/blues, pourquoi pas à la Wovenhand, porté par une voix dont le timbre oscille entre celui de Bob Corn et celui de Jack White selon le degré de véhémence, avec tout de même un léger accent et surtout un phrasé du cru, faudrait pas trop en demander tout de même. Mais tout ça s’essouffle hélas assez rapidement. Les compositions s’uniformisent de plus en plus autour d’un classic rock relativement tiède et les compositions elles-mêmes souffrent de la répétitivité de nombreux plans. Bilan : j’ai craqué avant la fin, alors que quelques coups de sécateurs et un peu de dynamite auraient peut-être pu me retenir jusqu’au bout.

Une fois n’est pas coutume, parlons théâtre. Après tout, tant qu’à déblatérer sur des sujets auxquels on ne connaît à peu près rien, pourquoi se restreindre aux seuls concerts, et ne pas profiter de l’opportunité de faire un peu de copinage. C’est d’autant plus pertinent que la pièce fera encore l’objet de deux représentations à l’Espace Beaujon les 25 et 27 mars prochains.
Pour ma part, j’y ai assisté au Théâtre de Verre, qui est un squat et qui est donc par nature menacé, mais là de manière assez précise et pour l’instant sans alternative crédible de relocation des activités. Ceux que cela émeut peuvent se rendre ici. 
L’atelier est une pièce de Jean-Claude Grumberg. L’atelier est le décor dans lequel est planté le quotidien des employées et employés d’un tailleur juif durant les quelques années succédant à la seconde guerre mondiale. On sent déjà poindre le vaudeville, hein? Ok, pas vraiment, mais si les thèmes abordés sont graves (les camps, la collaboration, l’antisémitisme toujours latent dans un pays épuisé par la guerre, le devoir de mémoire), le ton reste simple et direct, parfois presque léger, distillant des pointes d’un humour nécessairement noir mais salvateur pour surmonter le traumatisme, et surtout pour nous éviter une lente noyade dans la mélasse. Les personnages, majoritairement féminins, campent dans une mise en scène forcément très statique, la couture ne figurant toujours pas dans la catégorie des sports extrêmes, et contrastent avec la mobilité relative d’un patron omniprésent, qui s’obstine consciemment ou non, à ne se préoccuper que de ses commandes. Dans ces conditions exigeantes, il faut faire preuve d’une bonne dose de subtilité pour rendre son relief au texte, pour l’incarner sans le réciter ni le caricaturer. Et dans l’ensemble ça fonctionne plutôt bien; les comédiens s’avèrent à la hauteur de leurs rôles, aidant le spectateur à traverser une aiguille à la main cette lucarne sur l’histoire.

Une fois n’est pas coutume, parlons théâtre. Après tout, tant qu’à déblatérer sur des sujets auxquels on ne connaît à peu près rien, pourquoi se restreindre aux seuls concerts, et ne pas profiter de l’opportunité de faire un peu de copinage. C’est d’autant plus pertinent que la pièce fera encore l’objet de deux représentations à l’Espace Beaujon les 25 et 27 mars prochains.

Pour ma part, j’y ai assisté au Théâtre de Verre, qui est un squat et qui est donc par nature menacé, mais là de manière assez précise et pour l’instant sans alternative crédible de relocation des activités. Ceux que cela émeut peuvent se rendre ici

L’atelier est une pièce de Jean-Claude Grumberg. L’atelier est le décor dans lequel est planté le quotidien des employées et employés d’un tailleur juif durant les quelques années succédant à la seconde guerre mondiale. On sent déjà poindre le vaudeville, hein? Ok, pas vraiment, mais si les thèmes abordés sont graves (les camps, la collaboration, l’antisémitisme toujours latent dans un pays épuisé par la guerre, le devoir de mémoire), le ton reste simple et direct, parfois presque léger, distillant des pointes d’un humour nécessairement noir mais salvateur pour surmonter le traumatisme, et surtout pour nous éviter une lente noyade dans la mélasse. Les personnages, majoritairement féminins, campent dans une mise en scène forcément très statique, la couture ne figurant toujours pas dans la catégorie des sports extrêmes, et contrastent avec la mobilité relative d’un patron omniprésent, qui s’obstine consciemment ou non, à ne se préoccuper que de ses commandes. Dans ces conditions exigeantes, il faut faire preuve d’une bonne dose de subtilité pour rendre son relief au texte, pour l’incarner sans le réciter ni le caricaturer. Et dans l’ensemble ça fonctionne plutôt bien; les comédiens s’avèrent à la hauteur de leurs rôles, aidant le spectateur à traverser une aiguille à la main cette lucarne sur l’histoire.

En un seul week-end, j’ai réussi à manquer au moins un événement immanquable et rassemblant de prestigieux invités, au rang desquels figuraient Stnnng et Ventura, ainsi que la prestation que je ne peux imaginer que flamboyante de Térébenthine et consorts à la Mécanique Ondulatoire. Affirmer que je le ressens comme un picotement au niveau du postérieur serait largement exagéré mais je concède que ça aura tout de même fait l’effet d’une pichenette sur mon petit cœur tendre. Plutôt que de me lamenter sur ce à quoi je n’ai pas assisté, laissez-moi toutefois me réjouir de mon fabuleux séjour belge. Les histoires de frite sont peu susceptibles d’intéresser qui que ce soit ici, mais puisqu’on cause cuisine, causons mangue, fugu et os à moelle.

L’os à moelle est un cabaret bruxellois qui accueille donc ce soir là une association promettant de lutter contre l’injustice de la pauvreté dans le monde. C’est vrai que ça craint l’injustice de la pauvreté dans le monde, alors on s’acquitte sans trop de heurt du droit d’entrée par ailleurs pas vraiment exorbitant. Le lieu est plutôt sympathique et ce sont les derniers morceaux de Hillary Step, formation guitares/voix qu’on entend sans fol enthousiasme en arrivant. Comme j’y ai surtout vu une représentation vaguement électrifiée des guitaristes de plage que j’affectionne tout particulièrement, je ne m’étendrai pas trop sur le sujet.

Ensuite, c’est la première prestation scénique de Fugu Mango qui nous est proposée. Entendons-nous bien, il ne s’agit clairement pas de débutants, mais plutôt des débuts en public de cette formation, composée d’un clavier/percussionniste au chant, d’un guitariste un peu cocotte aux chœurs, d’une bassiste/claviériste aux chœurs également, et d’un tentaculaire percussionniste. On lorgne très clairement du côté pop-rock avec des morceaux assez courts et entraînants, comportant des mélodies vocales recherchées mais accessibles. Les congas et autres percussions apportent un petit côté exotique à l’ensemble et rappelle un peu les instrumentations fin 80s/début 90s, quoique le son de guitare me faisait aussi parfois penser aux plus modernes Jean Jean. Si je ne suis pas trop adepte de ces derniers, ce concert-ci, agréable et dynamique m’a convaincu. De toute façon, un groupe qui reprend un standard des Smiths ne peut pas être totalement mauvais. (Sauf si je me trompe de groupe? The Stranglers peut-être? Possible. Toujours est-il que si c’est censé être une compo, elle est bigrement pompée.) Vu qu’il ne manquera sans doute pas de sortir, je ne suis pas certain de vouloir me fader un album complet de kawaï au petit déjeuner, mais je me laisserais bien tenter par un nouveau show.

Nouveau lieu pour la clique d’en-v’là, qui doit faire face plus que quiconque à l’indisponibilité de la cantine. Le pub James Hetfeeld est un pub comme tant d’autres sur ce boulevard, à savoir grand, vendant du gras et de la bière, et passant en fond sonore, comme son nom ne le laisse pas supposer, la même musique club aseptisée que tous ses voisins. En revanche le lieu dispose d’une salle en sous-sol assez bien foutue qu’elle met à disposition au prix de conditions commerciales absurdes. Et parmi celle-ci, si je fais abstraction de l’aspect pécuniaire, il y a vraisemblablement le fait que les concerts doivent commencer en temps et en heure. Ce n’aurait pas été un réel problème si je faisais partie des gens ponctuels ou si Ølten n’avait pas ouvert la soirée. Parce qu’il paraît que bien que court, le set transpirait la grande classe, ce que je suis prêt à croire volontiers.
Je suis donc arrivé pendant la performance d’Erlen Meyer qui nous promet comme tant d’autres l’arrivée prochaine de l’apocalypse à grand renfort de visuels pas trop dégueu par ailleurs. Pour le reste, c’est lent, c’est lourd et ça braille tout son désespoir à la face d’un monde globalement plutôt épars et indifférent. C’est pas franchement déplaisant mais il manque au moins une étincelle quelque part. Un des guitaristes était clairement sous-mixé, ça n’a pas dû aider non plus.
Cela dit, les champions toutes catégories de la galère sonore auront été les Lord Humungus qui ont quand même eu le courage d’assurer leur set avec une guitare en moins (je compatis pour celui qui a dû regarder ses potes depuis le public) et une voix très sur-mixée bien trop longtemps. J’espère au moins que ça aura permis à tout le monde de constater que cette dernière ne tient pas la route et pourrit littéralement l’ensemble. C’est moins grave une fois rentrée dans le son, mais à ce moment là, autant s’en passer carrément. Ce que j’en dis… Pour le reste, on a du bon stoner avec le diptyque basse-batterie qui cavale comme il faut et un guitariste plutôt inspiré. J’ai eu une pensée émue pour feu Steambolt côté instrumental, et tout ce que je souhaite à ces parisiens est de se rapprocher du niveau qu’avaient atteint ces derniers.

Nouveau lieu pour la clique d’en-v’là, qui doit faire face plus que quiconque à l’indisponibilité de la cantine. Le pub James Hetfeeld est un pub comme tant d’autres sur ce boulevard, à savoir grand, vendant du gras et de la bière, et passant en fond sonore, comme son nom ne le laisse pas supposer, la même musique club aseptisée que tous ses voisins. En revanche le lieu dispose d’une salle en sous-sol assez bien foutue qu’elle met à disposition au prix de conditions commerciales absurdes. Et parmi celle-ci, si je fais abstraction de l’aspect pécuniaire, il y a vraisemblablement le fait que les concerts doivent commencer en temps et en heure. Ce n’aurait pas été un réel problème si je faisais partie des gens ponctuels ou si Ølten n’avait pas ouvert la soirée. Parce qu’il paraît que bien que court, le set transpirait la grande classe, ce que je suis prêt à croire volontiers.

Je suis donc arrivé pendant la performance d’Erlen Meyer qui nous promet comme tant d’autres l’arrivée prochaine de l’apocalypse à grand renfort de visuels pas trop dégueu par ailleurs. Pour le reste, c’est lent, c’est lourd et ça braille tout son désespoir à la face d’un monde globalement plutôt épars et indifférent. C’est pas franchement déplaisant mais il manque au moins une étincelle quelque part. Un des guitaristes était clairement sous-mixé, ça n’a pas dû aider non plus.

Cela dit, les champions toutes catégories de la galère sonore auront été les Lord Humungus qui ont quand même eu le courage d’assurer leur set avec une guitare en moins (je compatis pour celui qui a dû regarder ses potes depuis le public) et une voix très sur-mixée bien trop longtemps. J’espère au moins que ça aura permis à tout le monde de constater que cette dernière ne tient pas la route et pourrit littéralement l’ensemble. C’est moins grave une fois rentrée dans le son, mais à ce moment là, autant s’en passer carrément. Ce que j’en dis… Pour le reste, on a du bon stoner avec le diptyque basse-batterie qui cavale comme il faut et un guitariste plutôt inspiré. J’ai eu une pensée émue pour feu Steambolt côté instrumental, et tout ce que je souhaite à ces parisiens est de se rapprocher du niveau qu’avaient atteint ces derniers.

Ci-dessous, le droit de réponse de Nico, qui a d’ailleurs courageusement défendu sa place au premier rang au prix de quelques contusions.

Enfin cette troisième écoute de l’album confirme mes premières impressions: le cheveu est brillant! Truc appréciable coupon de téléchargement de l’album sur Bandcamp. :)
Ce qui me plait dans leur musique c’est ce côté brut. Comme tu dis, les paroles ne sont pas très subtiles. Mais dans le cas présent ce n’est pas ce que je recherche. C’est plutôt leur côté humoristique qui font qu’elles collent bien aux chansons. Seules les paroles de Polonia qui sont en fait issues d’un dialogue d’un film de Bertrand Blier sont superbes et ont du sens. Tu parles aussi du chant hyper charismatique et de l’aspect machine de guerre, mécanique huilée spécialement pour entraîner le public des riffs jusqu’au rythmes, j’adhère à ce choix, c’est en quelque sorte ce que je viens chercher mais pas seulement. Je parlerais plus d‘“hymnes” parce que ça me frappe à quel point le public répond [oui, ça m’a frappé aussi]. La voix de David, la guitare, les arrangements vocaux, les chœurs, le violon, l’orgue, le synthétiseur, l’humour, l’aspect catchy, les mélodies, la surprise… c’est ce mélange qu’on retrouve à travers les différents albums, qui accroche si bien mes oreilles. :) Même si ce n’est pas ce que je recherche avant tout je dois reconnaître qu’il en faut du talent pour faire des mélodies accrocheuses. Pour autant je ne trouve pas leurs chansons si simples, j’avais sincèrement été bluffé par l’inventivité de 1000. Puis je vois qu’avec Bum ils évoluent encore avec un son plus propre et un univers musical plus varié.
Voilà. ;)

Ci-dessous, le droit de réponse de Nico, qui a d’ailleurs courageusement défendu sa place au premier rang au prix de quelques contusions.

Enfin cette troisième écoute de l’album confirme mes premières impressions: le cheveu est brillant! Truc appréciable coupon de téléchargement de l’album sur Bandcamp. :)

Ce qui me plait dans leur musique c’est ce côté brut. Comme tu dis, les paroles ne sont pas très subtiles. Mais dans le cas présent ce n’est pas ce que je recherche. C’est plutôt leur côté humoristique qui font qu’elles collent bien aux chansons. Seules les paroles de Polonia qui sont en fait issues d’un dialogue d’un film de Bertrand Blier sont superbes et ont du sens. Tu parles aussi du chant hyper charismatique et de l’aspect machine de guerre, mécanique huilée spécialement pour entraîner le public des riffs jusqu’au rythmes, j’adhère à ce choix, c’est en quelque sorte ce que je viens chercher mais pas seulement. Je parlerais plus d‘“hymnes” parce que ça me frappe à quel point le public répond [oui, ça m’a frappé aussi]. La voix de David, la guitare, les arrangements vocaux, les chœurs, le violon, l’orgue, le synthétiseur, l’humour, l’aspect catchy, les mélodies, la surprise… c’est ce mélange qu’on retrouve à travers les différents albums, qui accroche si bien mes oreilles. :) Même si ce n’est pas ce que je recherche avant tout je dois reconnaître qu’il en faut du talent pour faire des mélodies accrocheuses. Pour autant je ne trouve pas leurs chansons si simples, j’avais sincèrement été bluffé par l’inventivité de 1000. Puis je vois qu’avec Bum ils évoluent encore avec un son plus propre et un univers musical plus varié.

Voilà. ;)

Admettons le tout de suite, c’était une erreur de casting. Je me suis une nouvelle fois fié au goût plutôt sûr, pour ne pas dire pointu, de celui dont j’apprécie particulièrement l’enthousiasme lorsqu’il me fait part de ses découvertes musicales, et que d’ailleurs je ne remercierai jamais assez pour ça. Il s’avère que ça ne peut pas coller à tous les coups, et que je ne conserverai vraisemblablement pas un souvenir particulièrement ému de cette soirée à la Maroquinerie.
En première partie, bim, c’est Badaboum, triple réincarnation de Nina Hagen avec un son qui aurait été des plus novateurs s’il avait émergé d’une cave berlinoise il y a 35 ans. Mais en fait, ça, on s’en fout. Que ce soit cold-punk, no wave, no future, vu et revu ou entendu jusqu’à la nausée, si c’est bien fait, pourquoi pas. Et là, je ne sais pas dire. Les trois jeunes musiciennes alternent à chaque instrument et, que ce soit le clavier, la basse ou la batterie, il est assez clair qu’aucune ne maîtrise réellement aucun d’entre eux. Après tout, c’est bien ça le punk, non ? C’est que j’y connais rien moi. Cela dit, les morceaux, certes minimalistes sont plutôt bien construits. Mais finalement, ce qui est réellement réjouissant et qui fait que ça ne marche pas si mal, c’est l’énergie et l’investissement palpable de ce groupe bancal qui ne serait pas forcément meilleur en devenant carré. En tout cas, on tient un sujet pour Tracks.
Enfin dans tout ça, la tête d’affiche s’appelle Cheveu et fête comme il se doit la sortie d’un nouvel album. Il me semble que j’avais écouté le précédent un peu en diagonale sans être particulièrement convaincu, mais le live permettant d’aborder un groupe sous une perspective différente, j’étais en condition pour revoir ma position, au milieu de la horde de fans agglutinés pour l’occasion. Le son est synthétique d’où qu’il provienne, pas particulièrement net pour autant, parce que sonner sale semble aussi important que d’envoyer du gros. Autant dire que s’il y a de la subtilité au niveau des textes, elle m’aura totalement échappée. Et puisqu’on parle de subtilité, c’est son absence en quasiment tout point qui m’aura marqué. La mécanique rythmique tabasse, se montre pratiquement aussi efficace que certains riffs semblant avoir été taillés pour de la pub TV, et le chant, ultra-charismatique, achève de transformer le combo en machine de guerre, emmenant d’ailleurs ses troupes le public où bon lui semble. Quant à moi j’avais un peu l’impression d’être le seul, trop sérieux, à ne pas avoir compris la blague désopilante qui fait rire tout le monde aux larmes. Allez, je concède que le morceau triste (Polonia ?) m’a un peu embarqué, mais il aurait fallu davantage de grâce pour assouvir mon âme délicate, qui trouve pourtant régulièrement son compte auprès de barbus bas du front. Mon côté fleur bleue sans doute… Ou mon goût de chiotte.
Admettons le tout de suite, c’était une erreur de casting. Je me suis une nouvelle fois fié au goût plutôt sûr, pour ne pas dire pointu, de celui dont j’apprécie particulièrement l’enthousiasme lorsqu’il me fait part de ses découvertes musicales, et que d’ailleurs je ne remercierai jamais assez pour ça. Il s’avère que ça ne peut pas coller à tous les coups, et que je ne conserverai vraisemblablement pas un souvenir particulièrement ému de cette soirée à la Maroquinerie.
En première partie, bim, c’est Badaboum, triple réincarnation de Nina Hagen avec un son qui aurait été des plus novateurs s’il avait émergé d’une cave berlinoise il y a 35 ans. Mais en fait, ça, on s’en fout. Que ce soit cold-punk, no wave, no future, vu et revu ou entendu jusqu’à la nausée, si c’est bien fait, pourquoi pas. Et là, je ne sais pas dire. Les trois jeunes musiciennes alternent à chaque instrument et, que ce soit le clavier, la basse ou la batterie, il est assez clair qu’aucune ne maîtrise réellement aucun d’entre eux. Après tout, c’est bien ça le punk, non ? C’est que j’y connais rien moi. Cela dit, les morceaux, certes minimalistes sont plutôt bien construits. Mais finalement, ce qui est réellement réjouissant et qui fait que ça ne marche pas si mal, c’est l’énergie et l’investissement palpable de ce groupe bancal qui ne serait pas forcément meilleur en devenant carré. En tout cas, on tient un sujet pour Tracks.
Enfin dans tout ça, la tête d’affiche s’appelle Cheveu et fête comme il se doit la sortie d’un nouvel album. Il me semble que j’avais écouté le précédent un peu en diagonale sans être particulièrement convaincu, mais le live permettant d’aborder un groupe sous une perspective différente, j’étais en condition pour revoir ma position, au milieu de la horde de fans agglutinés pour l’occasion. Le son est synthétique d’où qu’il provienne, pas particulièrement net pour autant, parce que sonner sale semble aussi important que d’envoyer du gros. Autant dire que s’il y a de la subtilité au niveau des textes, elle m’aura totalement échappée. Et puisqu’on parle de subtilité, c’est son absence en quasiment tout point qui m’aura marqué. La mécanique rythmique tabasse, se montre pratiquement aussi efficace que certains riffs semblant avoir été taillés pour de la pub TV, et le chant, ultra-charismatique, achève de transformer le combo en machine de guerre, emmenant d’ailleurs ses troupes le public où bon lui semble. Quant à moi j’avais un peu l’impression d’être le seul, trop sérieux, à ne pas avoir compris la blague désopilante qui fait rire tout le monde aux larmes. Allez, je concède que le morceau triste (Polonia ?) m’a un peu embarqué, mais il aurait fallu davantage de grâce pour assouvir mon âme délicate, qui trouve pourtant régulièrement son compte auprès de barbus bas du front. Mon côté fleur bleue sans doute… Ou mon goût de chiotte.